Le portrait et le nu...


        Le portrait et le nu sont dans mon travail depuis plus de 30 ans, il est difficile pour moi de dissocier les termes. Ma réflexion sur ce qu’on veut mettre dans un portrait/nu s’est construite en me confrontant aux autres, notamment lors de workshops aux Rencontres d’Arles, avec Christian Vogt, Jack Welpott, ou Jock Sturges, mais aussi par ma rencontre avec Jean-François Bauret. Il y a eu aussi une évolution dans ma pratique technique, éclairage et tirage, puis mon travail avec les danseurs, qui permet une mise en scène. C’est mon axe “réaliste”. Ensuite les petits grains de sable du hasard sont venus me donner envie d’explorer d’autres axes, comme le flou quand j’ai découvert, à la fin d’une séance de prise de vue, comment la lumière du fond blanc sur-éclairé “mangeait le corps” du modèle flou. La déréalisation du résultat final laisse fonctionner l’imaginaire du spectateur, ça me plaît beaucoup. Même chose pour les corps peints avec de l’argile blanche, le corps est nu mais habillé d’une autre peau. C’est cette part d’intervention qui m’intéresse le plus actuellement, c’est sur ça que se place ma réflexion, en accordant toujours une grande place à la fabrication de l’objet final. Cette intervention se place à tous les niveaux techniques du processus photographique et inclut aussi celle sur le tirage lui même, qui est le centre de mon intérêt, avec des glacis acryliques qui voilent ou dévoilent le réalisme initial, comme dans les “quatre portraits flous de Carolyn Carlson”.

        Mais je garde toujours un intérêt majeur pour le portrait “classique”, notamment le “portrait nu”, c’est d’ailleurs à partir de cela que j’arrive à faire collaborer mes modèles dans ces champs plus difficiles de l’intervention.

           C’est ce que je montre dans ces quelques pages.


    Malgré toutes les précautions que j’ai prises concernant les photos figurant ici, toute personne qui souhaiterait qu’une image soit retirée de ce site n’a qu’à me joindre par mail, ce sera fait immédiatement.