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The Doctor and His Camera

by Mike Foldes (interview in Ragazine 07-2012)

NDLR: L’interview qui suit a été réalisée par e-mail en mai et Juin 2012. L’intervieweur ne comprends pas assez bien le français pour s’entretenir directement avec le photographe, et le photographe a choisi d’utiliser sa langue maternelle pour exprimer au mieux ses concepts et ses idees.  Pour les bi-lingues, les réponses apparaissent en français et en anglais.  Pour les autres, nous espérons une compréhension  satisfaisante.  Nous n’avons pas inclus de traduction Google pour les questions de l’intervieweur.  Traductions Google et Hélène Gaillet.


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Ragazine: Pierre, I see you were born in Perpignan. I was only there one time, in 1972 or so. And then I was only passing through, hitchhiking from Barcelona to Paris. I ended up sleeping in a doorway at the train station in Montpellier, not too far away. It was November, getting cold, and raining. I took the next train, to Paris, cutting short my hitchhiking trip. I understand it is a beautiful area – especially in summer – and good for tourists …

Did you go to medical school there?  Are you a general practioner, or do you have a specialty?

Corratgé: J’ai fait mes études de médecine à Montpellier, et exercé la médecine générale à Perpignan pendant 32 ans, jusqu’en 2009.

Trad. C:  I studied medicine in Montpellier and practiced general medicine in Perpignan for 32 years, until 2009.

Q) You began working in photography as a teenager. Did you get support or help from your parents or teachers? Who were your influences?

A) Mon père m’a initié à la photographie, sur le plan technique, très jeune, puis, par des stages, notamment à Arles, j’ai davantage pénétré la dimension artistique de la photographie à la fin des années 70, notamment grace à Christian Vogt, Meridell Rubenstein et Jack Welpott. Ensuite, c’est un vrai travail d’autodidacte, grace aux livres, aux revues et depuis quelques années, l’ Internet. Mon influence la plus forte est certainement le photographe français Jean-François Bauret (years b & d?), avec lequel j’ai beaucoup échangé et qui est un ami. Sur un plan plus général, c’est Avedon qui a le plus influencé mon esthétique et le contenu de l’image. La culture de la photographie nord américaine a toujours eu beaucoup d’importance pour moi, j’ai appris le Zone System en lisant Ansel Adams dans le texte…

 T) My father introduced me to the technical side of photography at a very young age.  Later, through internships, especially in Arles, I delved into the more artistic aspects of photography in the late 70s, studying with Christian Vogt,  Meridell Rubenstein, and Jack Welpott.  Later, I plunged into a great deal of self-teaching thanks to books, photographic magazines and, in recent years, the Internet.  The strongest  influence in my work is certainly from the gifted French photographer Jean-François Bauret, who is a wonderful friend with whom I have shared a great deal.  On a broader scale, Richard Avedon’s work has highly influenced my aesthetic views and image content. The development of North American photography has been of great importance to me; I learned about the Zone System deciphering the context of Ansel Adams’ books…


Emilie

Q) Were you always fascinated by the female form in your photography? You speak of a personal study of the face and body….

A) Dès les années 70, le portrait a été mon domaine de prédilection. J’ai toujours plus facilement photographié les femmes que les hommes, pour lesquels j’ai trouvé que la relation avec leur image, notamment dans la nudité, était plus complexe et moins décontractée que les femmes. Aussi, dans l’art en général, le nu féminin est plus présent, et ma culture picturale inclut autant Botticelli que Sieff ou Avedon. Je pense que la relation que j’ai avec mes modèles, qui ne sont pas “professionnels” mais viennent de mon entourage, des amies ou des amies d’amies, est au cœur de mon travail photographique. Je ne suis pas photographe à faire passer des messages, non, j’essaie de poser un regard neutre mais bienveillant sur celles que je photographie.

T) As early as the 70s, portraiture became the core and center of my focus.  I have always found it much easier to photograph women than men, where I discovered that men’s relationship to their image, especially in the nude, was more complex and less relaxed than women.  Also, in the art world, the female nude is everpresent.  From what I have learned of art, that includes Botticelli,  (Jeanloup) Sieff and Avedon.  I think the relationship I have with my models, who are not “professionals” by the way, but gather around me as friends, then friends of friends, this relationship is at the heart of my photographic work.  I’m not the kind of photographer to surreptitiously emit secret messages, no, I just try to pose my models in a purely simple and sympathetic way,

 

Norma

Q) How did you develop the blur technique that you began to use in the ’90s?

A)  Á la fin d’une séance de photographie de danse, j’ai essayé de faire une photographie très floue, car je voyais sur le dépoli que la lumière du fond blanc, sur-éclairé, “mangeait” littéralement le corps du modèle, en changeait les proportions, ne laissait plus que deviner les seins, le pubis : on était dans une abstraction, une déconstruction du corps. La réception de ces photographies a été très bonne, et j’ai continué. Même en numérique, mon flou n’est qu’optique : fond très éclairé, mise au point manuelle décidant du degré de flou. Ce n’est pas un flou “Photoshop”! J’ai ensuite transposé cette technique à la vidéo, et on peut voir quelques vidéos de danse, floues, sur mon site.

T) At the end of a session of dance photography, I tried to photograph a blurred image, because I noticed that a ground glass over-lit with white light,  literally ‘ate’ the body of the model; it changed its  proportions, leaving one only to guess at the breasts, the pubic hair: the work became an abstraction, a deconstruction of the body. These photographs were very well received and I continued exploring.  Even in digital work I like  an optical blur. My background is brightly lit, the manual focus deciding the degree of fuzziness.  This is not a vague abstract on  “Photoshop!”.  Eventually I transplanted this technique to video, and you can see some of these ethereal blurry dance videos on my website. 

Q) You say you had the feeling there was another “calling,” one might say, a parallel path that is photography. Do you still practice medicine, or are you full time involved with photography? How did that transition take place, if there was one?

A) J’ai exercé la médecine de 1977 à 2009, mais j’ai toujours beaucoup fait de phototographie, simultanément. Depuis 2009, je ne fais plus que de la photographie…  Mais il y a, entre la médecine générale et la photographie, une grande proximité dans la relation à l’autre, une “neutralité bienveillante” qui exclut la séduction mais trouve un réel intérêt pour la personne en face.

T) I practiced medicine from 1977 to 2009, but always worked simultaneously on my photography.  However, since 2009, I  do nothing but photography…. But between general medicine and photography there is a very close relationship from one to the other, a “calming neutrality” which excludes seduction but offers a real benefit to an interested individual.

Q) Looking at your portfolio, I am entranced first by the sensuousness of the women. Do you select your models for the sensuousness they convey, or do you find you have to work with them to bring it out?

A) Comme Ralph Gibson l’a dit, la plupart des femmes qui posent nues le font parce qu’elles se trouvent belles. Je ne sers que de révélateur à la beauté qu’elles trouvent en elles, mais aussi à leur sensibilité, leur inquiétude à être photographiées ainsi,  à la nature de leur vraie personnalité. Le “portrait nu” a été théorisé par des auteurs français, photographes comme Bauret, mais aussi écrivains comme Michel Tournier.

  1. T)As Ralph Gibson said,  most women who pose nude do so because they believe in their intrinsic beauty.   I serve only to reveal  the beauty these women find in themselves, and also to explore their sensitivity, their anxiety to be photographed thus, in the nude, within the basic nature of their true personality.  The “nude portrait” has been explored and exposed by many French authors, photographers like (Jean-François) Bauret, and also by writers such as Michel Tournier.

  2. U)

Q) What kind of equipment do you use, and how far have you evolved toward digital photography?

A) J’ai très tôt vu l’intérêt du moyen format, notamment dans la restitution de la structure de la peau. Après avoir beaucoup cherché, c’est avec un Hasselblad (501 C) que je trouve le mieux ce que je cherche pour la plupart des mes photos, notamment avec le 120 mm Macro Planar. Mais j’utilise souvent la chambre (une Sinar Norma 8 x 10 et une Toyo Field 4x 5) en noir et blanc et en Polaroid où je fais beaucoup de transferts. Pour la photographie de danse et de mouvement, le numérique a été un apport extraordinaire, non seulement par la diminution des coûts, mais aussi par la possibilité de discuter immédiatement d’une image avec la danseuse et de changer de petites choses à notre travail à tous les deux. J’ai eu tous les reflex Nikon numériques, mais maintenant, avec mon D800, je ne vois pas l’amélioration qui pourrait changer -en bien- ma photographie : je suis comblé…

Souvent, dans une même séance de prise de vue dans mon studio, je commence par photographier en numérique, je discute avec le modèle de ce qui est important, nous recentrons notre travail, puis, quand c’est cadré, je fais 2 ou 3 films 120 et si, la chambre peut apporter un plus, quelques plan-films et quelques Polaroids (l’inverse de ce qui se faisait il y a 20 ans!!). Je continue, bien sûr, le laboratoire argentique, de la même façon que je tiens à maîtriser moi-même l’impression numérique avec une Epson 3800. Je travaille aussi sur des procédés alternatifs (tirages lith, palladium, virages à l’or…) et j’ai transmis cela à mes enfants!

T) Very early on I understood the value of the medium format, specifically for the restoration of the texture of the skin. After much research, it is with a Hasselblad (501 C) that I found the best of what I am looking for in most of my photos, especially with the 120mm Macro Planar.  But I often use a view camera (a Sinar Norma 8 x 10 and a 4x Toyo Field 5) for black and white and Polaroids when I do a lot of transfers. For dance and movement photography, digital has been of tremendous value, not only by lowering expenses, but also by giving me the opportunity to discuss an image immediately with a dancer or model, enabling us to change little things as we progress during a shoot. I have Nikon digital equipment, and now with my D800, I do not see the how I can fail to improve my photography: I am thrilled …

Often, in a single session in my studio, I start by shooting digitally.  I consult with  the model about what is important, we refocus our work, then, when it’s framed, I take 2 or 3 films of 120 and if there is room to amplify, I’ll shoot some sheet film and a few Polaroids (quite the opposite of what was done 20 years ago!).  I continue, of course, with my darkroom work as well, to master my own digital printing with an Epson 3800.  I also work with alternative processes (lith prints, palladium) … and I have transfered these talents to my children!

 

Sol

Q) Taking a step back, for a moment, how extensive was your work with Polaroid photographs, and is this something you are still doing?

A) Le Polaroid a nourri mon travail sur “l’intervention” : sans arriver aux excès d’un certain pictorialisme, le Pola permet de mettre une distance par rapport à la réalité. Mais le travail de mise au point technique, surtout pour les transferts que je fais sur du papier Arches aquarelle, a été considérable pour cela. Les films (55 PN, 59 et 809) avec lesquels je travaille ne se fabriquent plus, hélas, mais il en reste quelques boîtes dans mon frigo. Mais ma dernière boîte de 809 est entamée… Mais j’ai des dizaines d’épreuves!

Concernant le SX 70 ou le 600, The Impossible Project est encore loin de ce que nous apportaient les anciens films. Quand on voit la part de l’imitation des anciens procédés Pola dans les applications numériques, on voit bien que cette spécificité était une vraie création artistique, mais pour moi l’analogique garde une grande supériorité.

T) The Polaroid fed my work on “intervention” without reaching too much  for ‘pictorialism’ excess.  It lets you disconnect from reality.  The work I continue to explore on technical development is considerable, especially for transfers done on Arches watercolor papers. The films (55 PN, 59 and 809) which I work with are no longer manufactured, alas, but there are still a few boxes in my fridge. My last box of 809 is started … but luckily I have dozens of prints!

When it comes to the (Polaroid) SX 70 or 600, The Impossible Project is still far from what we were able to develop with the old films (Kpdak, Fuji). When you see the imitation of original Polaroid processes in digital applications, it is clear that this innovation was a real artistic creation.  Truly,  for me the analog retains great superiority.

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Please also visit:   http://www.pierrecorratge.com/

Editor’s note: The preceding interview was conducted via e-mail in May and June of 2012. The interviewer does not speak or write French well enough to interview the photographer and the photographer elected to use his native language to best express his concepts and intent. For those who speak and read both languages fluently, Corratge’s answers appear both in French and in Google Translator’s English with the further assistance of Hélène Gaillet. For those who are not bilingual, we trust the bridges to understanding are satisfactory. We purposely did not include a translation of the interviewer’s questions.

 

About the translator:

Hélène Gaillet de Neergaard is a previous contributor to Ragazine.CC. Her web site is: www.helenegailletartist.com, where you can find out her most recent book, “I WAS A WAR CHILD”, her other Writing, Painting, Photography.